Épisode 2 — Confronter l'outil au terrain
La version bêta est fonctionnelle. Nous avons eu les premiers retours enthousiastes au Forum Osez Entreprendre, les échanges avec Philippe Destanque, Candice Baylaud et le Village by CA. Maintenant il faut aller plus loin et présenter l'outil à des dirigeants qui vont l'évaluer concrètement, fonctionnalité par fonctionnalité.
Les premiers retours : ceux qui nous connaissent
Yoann : un retour qui repositionne notre discours
Yoann est ferronnier, entreprise individuelle, client de l'agence pour son site web. Il travaille régulièrement pour de grands groupes industriels. Nous lui présentons le Hub digital OSC.
Sur la partie gestion des prospects et des clients, il est direct : son logiciel comptable couvre déjà ça, il ne voit pas l'intérêt. On note. Mais quand nous arrivons à la partie gestion des tâches et des équipes, il nous raconte quelque chose. Chez l'un de ses donneurs d'ordre, il a fallu trois semaines pour retrouver qui avait réalisé des plans techniques. Trois semaines, pour une question de coordination interne, pendant lesquelles Yoann ne pouvait pas avancer sur sa fabrication.
Son conseil est immédiat : pour les structures avec plusieurs collaborateurs, c'est sur ce point qu'il faut commencer la présentation. Pas sur la pipeline commerciale. Sur la gestion documentaire et le suivi des équipes. C'est le point fort. Nous repartons avec un axe commercial qu'on n'avait pas encore formalisé aussi clairement.
Lydie et Jean-François Forêt : deux besoins très concrets
Lydie est coach professionnelle spécialisée dans la prévention du burn-out. Jean-François, son mari, accompagne les particuliers dans leurs dossiers d'aides à la rénovation énergétique. Nous les avons rencontrés dans nos réseaux d'affaires. Nous leur présentons l'outil ensemble.
Lydie retient deux choses : la simplicité de l'interface et le fait d'avoir tout au même endroit, avec des données hébergées chez elle. Elle pose aussi une question précise : est-ce qu'on peut rédiger les briefs et comptes-rendus directement dans l'outil, sans avoir à les créer ailleurs puis les uploader ? Elle envoie régulièrement des rapports à ses clients après chaque séance. Pouvoir le faire depuis le Hub lui ferait gagner du temps.
Jean-François valide l'ensemble et signale l'absence d'un calendrier avec rappels par email, dont il a besoin pour le suivi de ses dossiers.
Quelques jours après cette présentation, Gérôme développe et intègre les deux fonctionnalités. La V1 du Hub digital OSC est en train de prendre sa forme définitive.
Dynabuy : tester le pitch face à des chefs d’entreprise
Ce qu'est Dynabuy
Dynabuy est un réseau d'affaires avec des rencontres de dirigeants mensuel, dirigé par Thierry Duscombs : des tables de cinq ou six chefs d'entreprise, trois minutes par personne pour pitcher son activité, quatre tours de table dans la matinée. Prospection, réseau et entraînement à la prise de parole en même temps. Nous y allions déjà avant le Hub, mais nous n'y étions pas retournés depuis un moment. Pour tester notre présentation face à des entrepreneurs qui ne le connaissent pas et qui vont réagir à froid, c'est l'endroit idéal.
Ce qu'on apprend table après table
Nous sommes placés sur des tables séparées, donc nous pitchons chacun de notre côté. Les premières tables sont difficiles. Nous essayons de tout faire tenir en trois minutes : le contexte, les fonctionnalités, la démonstration. Ça ne tient pas. Nous ajustons au fur et à mesure. À la dernière table, nous ne montrons même plus l'outil. Nous posons le problème, nous donnons les grandes lignes, nous laissons les questions arriver.
Les dirigeants autour de la table sont plus attentifs qu'ils ne l'ont jamais été quand nous parlions de création de site web ou de référencement local. Le Hub touche un problème qu'ils reconnaissent. À l'issue de la matinée, trois rendez-vous de démo nous sont demandés spontanément.
Les premières démos du hub digital
Un rendez-vous qui se passe bien avant même de commencer
La première démo, nous la faisons avec une dirigeante, rencontrée à Dynabuy. Elle arrive avec une liste de fonctionnalités dont elle a besoin, préparée avant notre réunion. Nous parcourons la liste. Tout est dans l'outil, ou presque. Quelques ajustements mineurs. Sur les tarifs, l'échange est simple. Le rendez-vous confirme ce que le pitch Dynabuy avait déjà amorcé.
Un malentendu productif
Le deuxième rendez-vous de démo se passe différemment. Notre interlocuteur avait compris lors du pitch Dynabuy que le Hub permettait de créer devis et factures dans l'outil. Ce n'est pas ce que nous faisons : ça créerait une double saisie avec les logiciels de facturation déjà en place, sans valeur ajoutée. Nous l'expliquons. Son associé, présent lors de la démo, comprend le raisonnement. Lui reste bloqué sur ce point.
Gérôme est rentré ce soir-là et a étudié la faisabilité et l’intérêt de l’ajouter. Nous envisageons d'intégrer cette fonctionnalité en option dans une version future. Ce rendez-vous sans signature nous a quand même aidés à préciser les limites de ce que nous voulons faire avec le Hub, et à mieux préparer les objections pour les démos suivantes.
Trois nouveaux scopes en quelques semaines
Les démos et les deux réunions Dynabuy nous remontent des demandes précises. Nous les intégrons au fur et à mesure.
Devis, factures et FacturX
Le blocage rencontré lors d’une des démos, combiné à d'autres retours similaires, nous fait revoir notre position. Nous développons un scope devis et factures directement dans le Hub, avec conversion automatique au format FacturX, la norme qui s'impose pour la facturation électronique. Ce que nous pensions écarter devient finalement un des scopes proposés. Et avec la plateforme agréée qui convient, le scope ne fait plus doublon !
Un scope conformité RGPD
Nous suivons plusieurs réunions sur le RGPD depuis plusieurs mois déjà. Ce qui en ressort nous marque : même les plus petites structures, y compris les micro-entreprises, seront amenées à être contrôlées sur ce sujet dans les années à venir. Ce n'est plus réservé aux grandes entreprises.
Nous décidons donc de développer une fonctionnalité qui aide à la conformité RGPD dans le Hub. Elle centralise la documentation et les preuves de conformité directement dans l'outil, avec la gestion de l'anonymisation des données clients et la suppression des données sur demande. Le tout sans effort, à remplir en même temps de la mise à jour du dossier client. La partie RGDP du hub permet également de générer les registres de traiatements.
L’IA dans le hub digital
Notre assistante IA OSCIA
Le hub centralise déjà toutes les données de l'entreprise. Alors pourquoi une assistante IA en plus ? Parce que centraliser l'information ne suffit pas s'il faut encore savoir où la chercher. Avec Oscia, la question se pose comme à une collègue : quel chiffre d'affaires avec ce client cette année, retrouve-moi ce projet. Oscia est née d'un principe simple : ne plus chercher, mais demander.
Elle fonctionne exclusivement sur nos serveurs, en France, dans nos locaux, et ne s'exporte jamais vers des services d'intelligence artificielle externes. Ce choix n'a rien d'anodin : les données qu'elle manipule (chiffres, clients, documents confidentiels) seraient exposées si elles transitaient par des serveurs tiers que nous ne maîtrisons pas. En restant chez nous, elles restent sous notre contrôle.
Autre principe non négociable : Oscia n'invente jamais de réponse. Quand une information lui échappe, elle le dit clairement plutôt que de proposer un résultat approximatif mais présenté avec assurance.
Ce choix a un sens business très concret : un dirigeant prend ses décisions à partir de ces réponses, et une donnée inventée avec aplomb est plus dangereuse qu'une absence de réponse honnête. Quand Oscia répond qu'elle ne trouve pas, elle indique en réalité qu'une information n'a pas été saisie quelque part, ce qui reste une réponse exploitable : elle dit précisément quoi corriger. Son honnêteté est ce qui fait sa fiabilité.
Oscia reste propre à l'agence web OSC : elle travaille uniquement sur nos données et n'en sort pas. Chaque entreprise qui adopte le hub verra naître sa propre assistante, sur ses propres données, avec le nom qu'elle choisira elle-même.
Toutes ces assistantes partageront la même architecture, mais aucune ne partagera la mémoire d'une autre.
L'orchestrateur IA : un second cerveau, distinct d'OSCIA
OSCIA reste notre assistante conversationnelle, qui travaille uniquement sur nos données métier internes. L'orchestrateur IA est autre chose : un agent qui va chercher des données publiques sur le web pour générer des idées d'articles de blog, à partir des requêtes réellement tapées par les internautes dans une thématique donnée.
Il note chaque idée sur 10, selon la pertinence de la requête et son caractère evergreen, c'est-à-dire sa capacité à rester recherchée dans la durée plutôt que de répondre à une actualité ponctuelle.
Une fois l'idée choisie, il génère l'article, propose une sélection d'images issues des banques d'images configurées, et peut découper le texte en posts pour les réseaux sociaux. Si le site du client est relié au Hub, l'article est publié en un clic. Pour les posts réseaux sociaux, il faut pour l'instant les copier-coller manuellement : la publication automatisée viendra dans une version ultérieure.
Avec ces trois ajouts, le Hub digital OSC est désormais fonctionnel dans son ensemble.
Construire son offre commerciale
Trois nouvelles fonctionnalités qui changent la donne. Ce que nous avions calé sur les tarifs et la composition des packs ne tient plus : il faut tout reprendre. En parallèle, les premiers échanges avec Camille, notre future avocate, ouvrent d'autres questions auxquelles nous n'avions pas encore réfléchi : faut-il prévoir des formations à l'outil, un système de tickets SAV, une hotline et sa disponibilité ? Le Hub est prêt. Ce qui l'entoure reste à construire.
Deux façons de réfléchir, un seul résultat
Sur les questions commerciales, nous ne partons pas du même endroit. Gérôme construit ses analyses à partir de comparatifs et de benchmarks concurrents. Nous regardons de notre côté ce que ça nous coûte, ce que le marché est prêt à payer, et ce que ça doit nous rapporter concrètement. Nous discutons beaucoup, parfois sans être d'accord. Ces échanges nous obligent à anticiper les objections clients et à ne laisser aucune zone floue dans notre offre commerciale.
Le juridique
Commercialiser un outil en abonnement implique des contrats et des CGV solides. Ce n'est pas notre domaine. Nous avons pris rendez-vous avec Camille, avocate d'affaires rencontrée elle aussi via Dynabuy.
Là où en est L’agence web OSC
Le Hub digital OSC est désormais fonctionnel dans son ensemble, avec ses nouveaux scopes. Les retours terrain sont positifs, les démos se multiplient, mais la tarification et la composition des packs restent à finaliser.
Ce qui se complique maintenant, c'est tout ce qui entoure l'outil : l'offre, la cible selon l'interlocuteur, le juridique, les formations, le SAV.
C'est un travail différent du développement, qui demande autant de rigueur. Nous avançons seuls pour l'instant, mais nous savons qu'à un moment il nous faudra un accompagnement pour structurer la commercialisation.
Dans le prochain épisode, nous vous raconterons nos rencontres avec des dirigeants de grands groupes et des mentors qui nous accompagnent bénévolement, un peu comme des business angels sans le volet financier. Des conseils riches en enseignements sur le marketing et la commercialisation, et le début d'une autre aventure : trouver le nom définitif du Hub.
Suivez l'aventure Hub digital OSC en temps réel sur nos réseaux et ne ratez pas le prochain épisode :
Facebook - Instagram - LinkedIn