IA générative et SEO : ce qui change vraiment pour les TPE et PME

IA générative et SEO : ce qui change vraiment pour les TPE et PME

Il y a quelques semaines, Myriam Assaad, cofondatrice de l'Agence Web OSC, a répondu aux questions d'un journaliste du média Le Big Data sur l'impact de l'intelligence artificielle générative sur le référencement naturel. Une partie de cet échange a été publiée dans leur article. Voici l'intégralité de l'interview.


Le SEO face à la révolution de l'IA générative


En 2026, l'internaute préfère de plus en plus une réponse synthétique et immédiate, dictée par une IA.


Quel est l'impact sur le SEO tel qu'on l'a vendu ces dix dernières années ?


Les internautes ont toujours voulu l'information le plus vite possible, sans passer des heures à chercher. Ce qui change, c'est le moyen d'y arriver. Ceux qui ont adopté les IA génératives comme ChatGPT n'utilisent quasiment plus Google pour chercher de l'information, et je les comprends : trier des dizaines de résultats, passer des heures à chercher la bonne source, c'était laborieux. Aujourd'hui une IA donne une réponse immédiate.


Les fondamentaux qu'on a construits ces dernières années, un contenu de qualité, une structure claire, une cohérence des informations, restent la base sur laquelle les IA s'appuient. On ne repart pas de zéro. Mais le mot-clé impératif, celui qu'on répétait à tout prix pour plaire à l'algorithme, perd de sa valeur. Le problème n'est plus d'être visible dans une page de résultats, mais d'être sélectionné comme source. Et ça, c'est un changement de logique et de travail.


Les moteurs de réponses s'accaparent de plus en plus le trafic informationnel, en répondant directement à la place des sites sources.


Comment rester visible quand le clic organique s'effondre mais que la marque doit être citée par les IA ?


Le trafic informationnel est de plus en plus capté par les IA qui répondent directement, sans que l'internaute ait besoin de cliquer sur un site. Donc oui, le taux de clic organique baisse sur certaines requêtes. Mais ça ne veut pas dire que le SEO est mort, ça veut dire qu'il faut le repenser. Concrètement, on agit sur trois axes.

Rendre les contenus compréhensibles par les LLM : réponses directes aux intentions, vocabulaire clair, pages organisées par questions réelles. L'objectif n'est plus seulement de ranker, mais d'être sélectionnable comme source fiable.

Travailler la cohérence de marque. Les LLM citent ce qu'ils reconnaissent. Site, fiches Google Business, réseaux, mentions externes : tout doit raconter la même histoire.

Sortir du trafic purement informationnel. On pousse nos clients vers des requêtes à intention forte et on construit des parcours courts et directs vers le contact. En résumé, moins de contenus pour informer Google, plus de systèmes pour transformer une intention en contact direct.


Confiance client et mesure de la performance


Les règles du jeu changent, à Bruxelles comme dans la Silicon Valley, et rarement avec beaucoup de transparence.

Comment convaincre un chef d'entreprise de continuer à investir dans son acquisition organique ?


Honnêtement, le SEO a toujours été opaque. Il y a beaucoup d'acteurs dans notre secteur qui promettent le top 3, des résultats garantis, des formules magiques. Je n'ai jamais fait ça. Avec mes clients j'ai toujours pris le temps d'expliquer le fonctionnement global du référencement naturel : ce qui contribue à un bon positionnement, les leviers à activer, ce qui prend du temps. Pas de promesses, mais une vraie compréhension.

Aujourd'hui face aux changements liés aux IA, je ne change pas d'approche. J'explique, je montre, je vulgarise. C'est d'ailleurs pour ça que je publie chaque mois un article de blog accessible aux dirigeants sur ces sujets. En mai par exemple, on a interrogé quatre IA sur l'Agence Web OSC pour montrer concrètement ce que la visibilité digitale produit comme résultat : Ce que les IA savent de votre entreprise

On me fait confiance ou on ne me fait pas confiance. Je n'essaie pas de convaincre à tout prix. Ce qui m'importe, c'est que le chef d'entreprise comprenne ce dans quoi il investit.

Google Analytics et les outils traditionnels sont devenus en grande partie aveugles face au trafic et aux mentions provenant des conversations privées des utilisateurs avec les IA.


Quel est votre playbook pour prouver le ROI réel d'une stratégie SEO en 2026 ?


Je ne fais pas de SEA, donc la notion de ROI je l'aborde différemment, pas de coût par clic à optimiser, mais une vision globale de la performance digitale sur la durée.

C'est vrai que les outils traditionnels ont leurs limites, mais on peut contourner en partie ce manque : Gérôme a écrit un script personnalisé sous Matomo qui nous permet de détecter quand une IA mentionne le nom d'une marque. C'est une donnée que les outils traditionnels ne captent pas nativement. On complète avec la Search Console, les performances GMB et les statistiques réseaux sociaux.

Sur le ROI justement, une baisse des clics ne signifie pas une baisse de performance. Un internaute qui passe par une IA avant d'arriver sur votre site arrive avec une intention plus forte, il sait déjà qui vous êtes. Les clics sont peut-être moins nombreux mais plus qualifiés.

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Authenticité, IA et structuration technique


Le web est submergé de contenus automatisés de basse qualité. Face à cette saturation, les algorithmes sur-valorisent les critères E-E-A-T et les signaux de confiance.


Comment trouver l'équilibre entre l'IA dans vos process et l'authenticité exigée par vos clients ?


L'équilibre, pour moi, est assez clair : j'utilise l'IA pour structurer, inspirer, accélérer, et je garde la main sur tout ce qui touche à l'humain, à l'expérience, au jugement.

Je le dis ouvertement à mes clients : j'utilise l'IA dans mon processus. On ne peut pas tout savoir sur tous les métiers, on ne peut pas toujours être inspiré. L'IA me sert de guide, d'outil d'apprentissage, de source d'idées. Elle m'aide à comprendre rapidement un secteur que je ne connais pas, à structurer une logique, à explorer des angles.

Mais ce qu'elle ne peut pas faire, c'est coller à l'image d'une entreprise. Comprendre sa culture, son ton, ce qui la différencie vraiment. Ça, c'est mon travail, nourri par mon expérience professionnelle et personnelle, et par ma connaissance du client. Je garde toujours mon libre arbitre et mon regard critique sur ce que l'IA produit.

Les recherches sont devenues ultra-conversationnelles et de plus en plus multimodales, avec la voix et les images via Google Lens.


Comment structurer un site pour qu'il soit lisible par ces nouvelles IA ?


La logique change : on ne structure plus un site pour couvrir des mots-clés, on le structure pour répondre à des intentions réelles et conversationnelles.

Concrètement, des pages organisées autour de questions et d'intentions réelles, une hiérarchie de titres logique, des entités claires et des données structurées Schema.org systématiques selon les cas. C'est ce qui rend un site vraiment lisible et extractible par les IA.

Sur le multimodal, des textes alternatifs précis, des fichiers correctement nommés, un contexte textuel autour de chaque visuel. Et le maillage interne, on le pense par logique de besoin plutôt que par mots-clés. Un visiteur qui cherche quelque chose doit trouver naturellement ce dont il a besoin.


Stratégie budgétaire et vision d'avenir

Un directeur marketing complètement déboussolé par la baisse de ses positions historiques vient vous voir.


Comment ventiler intelligemment son budget entre SEA, SEO technique et GEO ?


La première chose que je ferais, c'est un audit général et complet. Avant de conseiller quoi que ce soit, il faut comprendre d'où vient la baisse, ce qui a vraiment changé, et surtout mesurer l'impact réel sur l'activité. Une baisse de positions ne veut pas forcément dire une baisse de business.

De ce diagnostic découle un plan par étapes de priorité. Mais si je devais donner une direction générale, elle serait toujours la même : on commence par le SEO technique. S'assurer que les fondations sont solides, structure, performances, cohérence sémantique. C'est non négociable.

Ensuite le GEO, en parallèle ou juste après : travailler les données exploitables par les IA, FAQ, Schema.org, blocs de réponses clairs. Le SEA, ponctuellement, bien ciblé, sur des intentions fortes et des besoins précis, comme un levier complémentaire et maîtrisé.

Un site internet pourrait devenir une base de données structurée destinée à nourrir des agents IA autonomes, ou bien autre chose dont on n'a pas encore conscience.


À quoi ressemblera le site internet idéal d'une PME d'ici la fin de la décennie ?


C'est la question la plus difficile, et le plus honnête serait de dire que ça va trop vite pour avoir des certitudes.

Ce que je pense déjà aujourd'hui : un site internet ne génère plus autant de leads à lui seul qu'avant. C'est avant tout un reflet de confiance, un point de confirmation. Le prospect est passé par une IA, par les réseaux sociaux, par les avis Google, et il arrive sur le site pour valider ce qu'il a déjà perçu ailleurs. C'est souvent le dernier point de décision, pas le premier point de contact.

L'humain gardera une part de vérification, du moins pour les générations Gen X et Millennials. Ce qui est sûr, c'est que le site devra être structuré pour les deux : lisible et rassurant pour l'humain, exploitable pour les IA.


Un dernier conseil pour les dirigeants qui prennent conscience de ce virage ?


Ceux qui se disent aujourd'hui qu'il faut se préparer à l'ère du zéro clic, c'est déjà trop tard. Pour être nommé par les IA, c'est le travail fait en amont sur le SEO qui sert. Et ceux qui n'ont rien fait ont déjà au moins deux trains de retard.

J'entends régulièrement des chefs d'entreprise me dire : "j'ai fait refaire mon site et j'ai demandé à être référencé sur les IA, l'agence m'a dit que c'était fait." Ça me fait sourire intérieurement, parce que ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Il n'y a pas de formule magique.

 

Chez l'Agence Web OSC, on travaille la visibilité globale sur le web depuis bien avant l'arrivée des IA génératives.
C'est exactement ce qui fera la différence pour nos clients, face à ceux qui commencent seulement aujourd'hui à se poser la question : qu'est-ce qu'on doit faire ?